Certification périodique : ce que les référentiels du CNOM changent concrètement pour les médecins généralistes

Le Conseil national de l’Ordre des médecins vient de publier les référentiels officiels de certification périodique.

C’est une étape importante : on passe enfin d’un principe réglementaire à un cadre opérationnel, spécialité par spécialité.

Pour les médecins généralistes, la question n’est plus “est-ce que cela va arriver ?” mais bien “comment s’organiser intelligemment ?”


Le rôle de l’Ordre : accompagner, valider, contrôler

Le CNOM n’est pas seulement dans une logique de contrôle. Sa mission porte sur :

  • l’information,
  • l’accompagnement,
  • la validation des actions réalisées,
  • l’enregistrement,
  • et le contrôle du respect de l’obligation.

L’objectif affiché est l’amélioration continue des compétences et des pratiques, dans une logique structurée.


Les 4 blocs à valider

Chaque médecin devra valider 4 blocs, avec au moins deux actions différentes par bloc, et transmettre les justificatifs via le téléservice Ma Certif Pro Santé. Ce dernier n’est d’ailleurs pas encore ouvert.

Les quatre blocs sont :

  1. Les connaissances
  2. La qualité des pratiques
  3. La relation avec les patients
  4. La santé du médecin

À première lecture, cela peut sembler lourd. En pratique, les possibilités sont nombreuses.


Bloc 1 : Les connaissances

C’est le bloc le plus classique : mise à jour des compétences scientifiques et cliniques.

Les formations validantes publiées par l’Agence nationale du Développement Professionnel Continu (ANDPC) en font naturellement partie.

Mais le référentiel est bien plus large :

  • Participation à un congrès
  • DU / DIU
  • Tutorats d’internes
  • Clubs de lecture
  • Enseignement
  • Formations non-DPC structurées

Autrement dit : la formation continue ne se limite pas au DPC.

Pour un médecin généraliste, cela signifie que l’activité réelle (enseignement, FMC locale, implication universitaire…) pourra être valorisée.


Bloc 2 : La qualité des pratiques

Ici, on entre dans la logique d’amélioration concrète des pratiques.

Une action d’EPP validée par l’ANDPC est éligible, mais ce n’est pas la seule option :

  • Participation à une commission institutionnelle
  • Élaboration d’un protocole pluriprofessionnel en maison de santé
  • Travail qualité en CPTS
  • Démarche d’audit interne
  • Réunions de concertation structurées

Ce bloc reconnaît enfin le travail souvent invisible réalisé en exercice coordonné.


Bloc 3 : La relation avec le patient

Ce bloc est plus récent dans sa conception.

Il pourra être validé par :

  • Une formation certifiante en communication ou relation de soin
  • Une participation à un dispositif d’annonce
  • Une implication dans une association d’usagers
  • Une action en éthique ou en médiation

C’est un signal fort : la qualité relationnelle devient un pilier officiellement reconnu.


Bloc 4 : La santé du médecin

Probablement le bloc le plus simple à valider en pratique.

Les modalités prévues incluent :

  • Attester sur l’honneur avoir un médecin traitant
  • Réaliser une auto-évaluation de son état de santé
  • Attester d’une activité physique régulière
  • Fournir une attestation de mutuelle

Au-delà du symbole, ce bloc introduit une reconnaissance institutionnelle du fait que la santé du médecin conditionne la qualité des soins.


Ce qu’il faut retenir pour les MG

  • Deux actions différentes minimum par bloc
  • Conservation des justificatifs
  • Dépôt sur Ma Certif Pro Santé
  • Organisation sur la période de référence

La stratégie la plus rationnelle consiste à :

  1. Anticiper dès maintenant
  2. Structurer ses actions
  3. Ne pas tout laisser pour la dernière année

Certification périodique : contrainte ou opportunité ?

Si on l’aborde passivement, la certification peut sembler être une obligation supplémentaire dans un contexte déjà contraint.

Mais si on l’intègre dans une logique stratégique :

  • structuration de sa formation,
  • valorisation de son exercice coordonné,
  • formalisation de son travail qualité,
  • reconnaissance de son engagement professionnel,

elle peut devenir un levier.

Pour les médecins généralistes déjà engagés dans la FMC, l’exercice coordonné, ou les démarches qualité, une grande partie des actions nécessaires est probablement déjà en cours.

La clé sera moins d’en faire plus… que de mieux tracer ce qui est déjà fait.

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