La direction de l’Agence nationale du DPC (ANDPC) va changer de mains. Dominique Giorgi est appelé à succéder à Michèle Lenoir-Salfati, dans un contexte institutionnel particulièrement exigeant : celui du basculement progressif du DPC vers la certification périodique des professionnels de santé.
Cette nomination s’inscrit clairement dans une logique de pilotage de la transition, à un moment où les attentes des professionnels, des organismes de formation et des instances de régulation restent fortes, parfois contradictoires, et encore incomplètement stabilisées.
Une transition lourde pour l’institution et ses équipes
L’année qui s’ouvre pour l’ANDPC ne sera pas une année comme les autres. La coexistence temporaire de deux cadres — DPC et certification périodique — génère incertitudes, adaptations rapides et charge de travail accrue pour les équipes internes.
Dans ce contexte, la mission du futur directeur dépasse largement la gestion administrative : il s’agira aussi d’accompagner humainement les agents, de maintenir le cap et de préserver la lisibilité de l’action publique.
C’est précisément sur ce terrain que l’expérience de Dominique Giorgi, profondément ancrée dans les politiques sociales, pourrait faire la différence.
Un haut fonctionnaire spécialiste des politiques sociales et de santé
Né en 1961, Dominique Giorgi est issu de l’École nationale d’administration (ENA). Il rejoint dès 1988 l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), où il mènera une carrière marquée par l’évaluation des politiques sanitaires et sociales.
Promu inspecteur général des affaires sociales en 2000, il est régulièrement mobilisé sur des missions d’audit complexes, portant notamment sur l’organisation du système de santé, le champ social et la régulation du médicament. Dans les répertoires professionnels, il est identifié comme un référent sur ces sujets sensibles, à l’interface entre expertise technique et décision publique.

Des responsabilités opérationnelles au plus près des institutions
Son parcours l’a également conduit à exercer des fonctions exécutives importantes :
il a été sous-directeur à la Ville de Paris, chargé de la protection de l’enfance, puis secrétaire général de l’Assistance publique–Hôpitaux de Paris (AP-HP) à la fin des années 2000.
Dans le champ santé-travail, Dominique Giorgi a présidé ou vice-présidé plusieurs instances nationales, dont le Comité économique des produits de santé (CEPS). Depuis 2016, il est vice-président du Conseil national d’orientation des conditions de travail, contribuant à l’élaboration des politiques publiques en matière de santé au travail.
Enseignement, écriture et regard critique
En parallèle de ses fonctions administratives, Dominique Giorgi a enseigné les questions sociales à Sciences Po Paris et à l’Université Paris-Dauphine, participant à la formation de futurs cadres publics et privés.
Auteur de plusieurs publications sur la politique du médicament et les politiques sociales, il prolonge son engagement institutionnel par une réflexion écrite. À titre plus personnel, il consacre une partie de son temps à l’écriture littéraire, nourrie de ses racines corses et gersoises, apportant une dimension plus intime à un parcours souvent associé aux arcanes de l’État.
Un choix de continuité et d’apaisement
À l’heure où la certification périodique commence à prendre forme sans que toutes ses modalités soient encore pleinement clarifiées, la désignation de Dominique Giorgi apparaît comme celle d’un profil de continuité, d’écoute et de régulation.
Plus qu’un architecte de rupture, il pourrait être l’homme du passage, chargé de sécuriser une étape clé pour l’ANDPC et, au-delà, pour l’ensemble des professionnels de santé concernés par cette réforme structurante.