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Au terme de ce cas clinique, vous aurez appris :
Comment repérer une hyperandrogénie derrière un motif banal ? Quels signes doivent faire craindre une tumeur ?
Comment mener le bilan en médecine générale, même chez une patiente en aménorrhée ? Quand faut-il adresser au spécialiste ?
Comment adapter le traitement au projet de la patiente, avec ou sans désir de grossesse ? Comment dépister les complications métaboliques et les troubles du sommeil ?
À la fin du cas clinique corrigé, vous recevrez :
une fiche de synthèse avec un algorithme décisionnel simple devant un hirsutisme (hyperandrogénie) et une autre fiche "SOPK"
une slide « Ce qu’il faut retenir » pour chaque étape de la prise en charge,
des modèles d’ordonnance type,
les 10 points clés à retenir sur le SOPK,
les liens vers la recommandation internationale actualisée.
👉 Tout pour gérer au quotidien l’hirsutisme et le SOPK de la femme jeune, simplement, rapidement et en mode Evidence-Based Medicine (EBM) 😉
Mme Léa M., 31 ans, comptable, vient « pour renouveler la crème contre l'acné ». Vous rédigez l'ordonnance. Au moment de se lever, la main sur son sac, elle ajoute :
« Et puis… j'ai des poils qui poussent sur le ventre et dans le bas du dos. Ça a toujours un peu été le cas, mais là c'est pire. Je n'ose plus aller à la piscine. »
Antécédents et mode de vie :
Pilule œstroprogestative de 17 à 30 ans, arrêtée il y a 9 mois « pour faire une pause ». Aucune contraception depuis.
Cycles « toujours un peu irréguliers » avant la pilule. Depuis l'arrêt : 2 épisodes de règles en 9 mois. Dernières règles il y a 4 mois.
Prise de 7 kg en 2 ans, depuis le passage en télétravail.
Non fumeuse, pas de migraine, aucun traitement en cours.
« Je suis crevée en ce moment, mais c'est la période des bilans au cabinet. »
Examen clinique :
TA 124/78 mmHg. Poids 78 kg, taille 1,66 m, IMC 28,3 kg/m². Tour de taille 91 cm.
Pilosité terminale de la ligne ombilicale, de la région lombaire et de la face interne des cuisses. Score de Ferriman-Gallwey modifié à 10.
Acné inflammatoire modérée de la ligne mandibulaire.
Discrète acanthosis nigricans de la nuque. Pas de golfes temporaux, voix normale, pas de clitoromégalie. Abdomen souple. Pas de galactorrhée.
QUEL BILAN VOUS SEMBLE INDIQUÉ À CE STADE ?
Les bonnes réponses sont A et C.
A : Femme de 31 ans, sans contraception depuis l'arrêt de sa pilule et en aménorrhée depuis 4 mois : la grossesse est la première cause d'aménorrhée secondaire. Elle doit être éliminée systématiquement. Le dosage plasmatique des βHCG est plus fiable qu'un test urinaire dans ce contexte.
Rappel utile : l'« aménorrhée post-pilule » n'est pas une entité diagnostique. Une absence de règles qui persiste plus de 3 mois après l'arrêt d'une contraception orale doit faire chercher une cause, d'autant qu'une pilule prise depuis l'adolescence a pu masquer pendant des années des cycles irréguliers et une hyperandrogénie.
B : L'échographie n'est pas l'examen de première ligne. Le motif de consultation est un hirsutisme : il faut d'abord confirmer une hyperandrogénie, ce qui relève de la biologie.
👉 Prescrire d'emblée une échographie expose au surdiagnostic : un aspect multifolliculaire est fréquent chez la femme jeune sans SOPK, et un compte rendu évoquant des « ovaires polykystiques » peut ancrer à tort le diagnostic avant l'élimination des autres causes d'hyperandrogénie.
C : Devant un hirsutisme, la testostérone totale est l'examen clé de première intention. Elle confirme l'hyperandrogénie biologique et oriente d'emblée. Selon notre expert endocrinologue, une valeur inférieure à 0,6 ng/mL est normale, une valeur inférieure à 1 ng/mL est en faveur d'une cause non tumorale, et une valeur nettement plus élevée (au-delà de 1,5 à 2 ng/mL) impose de rechercher une tumeur ovarienne ou surrénalienne.
ATTENTION : le dosage n'est interprétable qu'à distance de toute contraception hormonale (au moins 3 mois), ce qui est le cas ici. On peut y associer, quand c'est possible, la testostérone libre calculée ou l'index d'androgènes libres (avec la SHBG), plus sensibles chez la femme en surpoids.
D : Le rapport LH/FSH ne fait pas partie des critères diagnostiques du SOPK. Il est inconstant, varie au cours du cycle et selon le poids, et n'apporte rien à la décision à ce stade.
Il faut rester simple 👉 Devant un hirsutisme, on cherche une hyperandrogénie avec la testostérone totale.

Ce qu'en pense l'endocrinologue dans cette courte video :
Le « ticket d'entrée » et la réponse en deux temps :
Léa vient pour une crème : c'est son « ticket d'entrée ». Le vrai motif arrive sur le pas de la porte. Il est conseillé de ne pas laisser filer ce signal, même en retard : on accuse réception de ce qui a été dit, puis on oriente vers ce qu'on veut savoir. Par exemple : « Vous n'osez plus aller à la piscine… Ça vous pèse beaucoup, on dirait. Racontez-moi depuis quand. » Si le temps manque vraiment, on le dit et on programme une consultation dédiée, avec la biologie déjà prescrite.
Vous rédigez donc votre ordonnance comprenant ßHCG et testostéronémie totale. Le lendemain, entre deux patients, votre secrétaire vous passe Léa au téléphone.
« Docteur, le labo n'a pas voulu faire la prise de sang pour la testostérone. Ils disent qu'elle doit être faite au début des règles… »
« Oui, c'est l'idéal. Et où est le problème ? » répondez-vous.
« Ben, docteur… je ne les ai plus, justement ! »
QUE FAITES-VOUS ?
Les bonnes réponses sont B et C.
A : Attendre des règles spontanées n'a pas de sens chez une patiente en aménorrhée depuis 4 mois, dans un contexte probable d'anovulation chronique. Les règles peuvent ne pas revenir avant longtemps, ce qui retarde le diagnostic.
👉 Une anovulation prolongée expose l'endomètre à une imprégnation œstrogénique sans opposition progestative, facteur de risque d'hyperplasie et, à long terme, de cancer de l'endomètre. Il est classiquement recommandé de provoquer une hémorragie de privation au moins tous les 3 mois chez une femme qui n'a pas de cycles spontanés.
B : Avant toute prescription d'un progestatif, la grossesse doit être formellement éliminée : c'est la priorité. Attendre le résultat des βHCG, disponibles en 24 heures, ne fait perdre aucun temps et sécurise la démarche.
C'est aussi l'occasion de compléter l'ordonnance par les examens qui éliminent les autres causes d'hyperandrogénie et d'aménorrhée : TSH, prolactine et 17-hydroxyprogestérone, à prélever le même jour que la testostérone.
C : Une fois la grossesse éliminée, la dydrogestérone (Duphaston®) 10 mg/j pendant 10 jours déclenche une hémorragie de privation quelques jours après l'arrêt. Ce « test aux progestatifs » a trois intérêts : il montre que l'endomètre est imprégné en œstrogènes (cohérent avec un SOPK), il protège l'endomètre, et il permet un prélèvement standardisé entre J3 et J5.
ATTENTION : en aménorrhée, la testostérone peut être dosée à tout moment ; notre expert parle de dosage « idéal », non impératif, en début de cycle. Ce moment est en revanche nécessaire pour la 17-OH-progestérone. La dydrogestérone n'est pas associée à un surrisque de méningiome dans les données EPI-PHARE.
D : Deux attitudes complémentaires sont justes : éliminer d'abord une grossesse, puis déclencher les règles par un progestatif.
Astuce 👉 préciser sur l'ordonnance « patiente en aménorrhée, prélèvement possible à tout moment » évite souvent un aller-retour au laboratoire.

Ce qu'en pense l'endocrinologue dans cette courte video :
Expliquer par petits blocs, même au téléphone :
Au téléphone, entre deux patients, la tentation est de tout dire d'un coup. Il est préférable de commencer par l'information la plus importante, d'annoncer la structure, puis de découper l'explication en blocs courts en vérifiant la compréhension. Par exemple : « Il y a deux étapes. D'abord, on vérifie que vous n'êtes pas enceinte : c'est le résultat d'aujourd'hui. Ensuite, un traitement de 10 jours pour faire venir les règles. Est-ce que c'est clair jusque-là ? »
Les βHCG sont négatifs. Lors du passage de Léa pour l'ordonnance de Duphaston, vous avez ajouté au bilan une TSH, une prolactine et une 17-OH-progestérone.
Les règles sont survenues 4 jours après l'arrêt du traitement. Au 3e jour du cycle :
Vous avez donc une patiente présentant une hyperandrogénie clinico-biologique non tumorale, avec un bilan d'élimination normal. Vous évoquez un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK).
QUE FAITES-VOUS ?
La bonne réponse est C.
A : Le médecin généraliste peut mener seul cette démarche. La testostérone (0,8 ng/mL) est élevée mais reste dans la zone non tumorale, l'hirsutisme est ancien et progressif, sans signe de virilisation. TSH, prolactine et 17-OH-progestérone sont normales.
👉 L'avis spécialisé devient nécessaire en cas de testostérone supérieure à 1,5 à 2 ng/mL, d'hirsutisme rapidement évolutif, de signes de virilisation, de 17-OH-progestérone élevée, d'échec du traitement de première ligne ou de difficulté à concevoir.
B : L'IRM pelvienne n'a pas sa place dans la démarche diagnostique du SOPK. Comme le rappelle notre expert, elle est réservée aux situations difficiles : suspicion de tumeur sécrétante (testostérone très élevée, virilisation, masse mal caractérisée à l'échographie) ou recherche d'endométriose.
C : L'échographie pelvienne endovaginale est la seule imagerie de première intention dans le SOPK. Sa haute résolution explique le seuil actuel : au moins 20 follicules par ovaire, ou un volume ovarien d'au moins 10 mL. La voie sus-pubienne est réservée aux patientes vierges ou qui refusent la voie endovaginale ; ses performances baissent en cas de surpoids.
ATTENTION : chez une adulte qui a déjà une hyperandrogénie et des troubles du cycle, l'échographie n'est plus indispensable au diagnostic, et l'AMH peut la remplacer. Elle garde ici son intérêt : vérifier l'absence de masse ovarienne, évaluer l'endomètre après plusieurs mois d'anovulation et disposer d'un état de référence.
D : Une réponse est exacte. Avant de retenir un SOPK, il faut avoir éliminé les autres causes d'hyperandrogénie et d'anovulation : grossesse, dysthyroïdie, hyperprolactinémie, bloc en 21-hydroxylase non classique, tumeur ovarienne ou surrénalienne.
Il faut retenir 👉 le SOPK reste un diagnostic d'élimination, même s'il explique environ 70 à 80 % des hirsutismes.
Tips : hyperandrogénie clinique ⇒ retenez HAS
Les 5 grandes familles de causes d'hyperandrogénie :
Bilan de 2e intention (sur avis ou si la testostérone totale est normale malgré un tableau évocateur) : testostérone libre calculée ou index d'androgènes libres (avec SHBG), Δ4-androstènedione (reflet ovarien), SDHEA (reflet surrénalien), LH, FSH, œstradiol.
Petite anecdote pour aller plus loin : une patiente se plaint d'une pilosité de la lèvre et du menton. Elle est en surpoids et a des cycles irréguliers : je pense à un SOPK. Mais la 17-OH-progestérone prélevée à J3, le matin, revient à 4 ng/mL. Je l'adresse en endocrinologie : le test au Synacthène® confirme un bloc en 21-hydroxylase non classique. 👉 Quelques pour cent des femmes consultant pour un hirsutisme ont cette maladie génétique autosomique récessive, qui change le conseil génétique en cas de projet de grossesse.

Résumer pour passer le relais :
Le résumé est l'outil de transition entre ce que raconte la patiente et ce que le médecin doit encore explorer. Avant de prescrire l'échographie, récapitulez en une phrase ce que vous avez compris et dites d'abord ce qui rassure : « Vos analyses ne montrent rien de grave, pas de tumeur. Elles confirment un excès d'hormones masculines, qui explique vos poils et vos règles absentes. Il nous reste une échographie pour compléter. » La patiente sait ce qui a été entendu et où l'on va.
Léa revient avec le compte rendu d'échographie. Le radiologue décrit 24 follicules dans l'ovaire droit et 22 dans l'ovaire gauche, des volumes ovariens de 11 et 12 mL, un endomètre de 7 mm et aucune masse. Il conclut : « Aspect d'ovaires polykystiques bilatéraux, compatible avec un SOPK. »
Vous lui expliquez le diagnostic. Elle reste silencieuse un moment, puis demande :
« Avec Julien, on voudrait un bébé. En fait, c'est pour ça que j'ai arrêté la pilule. Est-ce que je vais pouvoir être enceinte ? »
QUE FAITES-VOUS ?
Les bonnes réponses sont A, B et C.
A : Chez une femme en surpoids, la perte de poids est le traitement de première ligne du SOPK, que l'objectif soit l'hyperandrogénie, les cycles ou la fertilité. L'excès d'adiposité abdominale aggrave l'insulinorésistance et l'hyperandrogénie.
👉 Une perte de 5 à 10 % du poids en 6 mois améliore nettement les signes cliniques et peut restaurer des cycles ovulatoires : un objectif réaliste à partager avec la patiente, ici 4 à 8 kg. Aucun régime n'a démontré sa supériorité. Notre expert met en garde contre les régimes draconiens, qui font perdre du muscle et favorisent l'effet yo-yo.
B : L'activité physique est indissociable de la prise en charge diététique : au moins 150 minutes par semaine d'intensité modérée (ou 75 minutes d'intensité soutenue), environ 250 minutes pour perdre du poids, et du renforcement musculaire au moins 2 jours par semaine.
Notre expert insiste sur le renforcement du haut et du bas du corps : il préserve la masse musculaire, améliore la sensibilité à l'insuline et limite la reprise de poids.
C : Le SOPK expose à l'insulinorésistance, au diabète de type 2 et aux dyslipidémies, même chez des femmes jeunes. L'acanthosis nigricans et le tour de taille de Léa en sont des signaux. Un bilan glycémique et une exploration des anomalies lipidiques sont indiqués dès le diagnostic.
ATTENTION : l'HGPO 75 g est plus sensible que la glycémie à jeun seule, en particulier avant une grossesse, ce qui est le cas ici. À défaut : glycémie à jeun ou HbA1c. Bilan glycémique à refaire tous les 1 à 3 ans, pression artérielle chaque année.
D : Léa et son conjoint ont un projet de grossesse : toute contraception est hors sujet. Il faut aussi éviter la spironolactone (risque tératogène) et l'acétate de cyprotérone.
Quid du désir de grossesse ?
Le SOPK est la première cause d'infertilité par anovulation, mais la plupart des femmes concernées parviennent à une grossesse, souvent avec une aide simple. Le rôle du généraliste :
En l'absence de projet de grossesse :
À éviter : microprogestatifs au désogestrel et implant, qui peuvent aggraver l'hirsutisme et la prise de poids selon notre expert.

Ce qu'en pense l'endocrinologue dans cette courte video :
Le plan se construit à deux :
La question sur la grossesse change tout. La décision n'est réussie que si la patiente reconnaît le plan comme le sien. Reliez votre explication à sa préoccupation (« Oui, c'est tout à fait possible, et ce qu'on fait maintenant y contribue directement »), proposez un objectif réaliste (4 à 8 kg, pas 20) et évitez le cours magistral sur le SOPK. Puis vérifiez : « Qu'est-ce qui vous paraît faisable dès cette semaine ? »
Six semaines plus tard, Léa revient, accompagnée de Julien. Elle a perdu 2 kg et marche 30 minutes par jour. Mais Julien est inquiet : elle ronfle beaucoup depuis sa prise de poids, et il l'a vue plusieurs fois « arrêter de respirer » la nuit.
Léa ajoute qu'elle est « toujours aussi crevée », même pendant ses congés. Le soir, au lit, elle ressent dans les jambes une sensation désagréable qui l'oblige à se lever et à marcher pour se soulager.
PARMI LES PROPOSITIONS SUIVANTES, LA OU LESQUELLES SONT JUSTES ?
La bonne réponse est B.
A : L'échelle d'Epworth mesure la somnolence diurne excessive, pas le risque de SAOS. Beaucoup de patients apnéiques, en particulier les femmes, sont peu somnolents mais fatigués : un score d'Epworth normal ne rassure donc pas.
👉 Pour estimer la probabilité de SAOS, on utilise un questionnaire de dépistage comme le STOP-BANG (8 items, rapide en consultation) ou le questionnaire de Berlin. Attention : le STOP-BANG repose en partie sur des critères masculins (sexe, tour de cou) et est moins sensible chez la femme.
Ces 2 scores sont disponibles avec calculatrice intégrée dans la rubrique « Scores » de guideline.care 👉 https://www.guideline.care/score/
B : Le SAOS est nettement plus fréquent chez les femmes atteintes de SOPK que dans la population générale. Le surpoids explique une grande partie de ce surrisque, mais l'insulinorésistance et l'hyperandrogénie semblent y contribuer indépendamment. La relation est bidirectionnelle : le SAOS aggrave à son tour l'insulinorésistance et la prise de poids.
Ici, la fatigue était présente dès la première consultation, attribuée un peu vite à la charge de travail : la piste méritait d'être explorée plus tôt.
C : La polygraphie respiratoire nocturne est l'examen de première intention lorsque la probabilité clinique de SAOS est élevée et qu'aucun autre trouble du sommeil n'est suspecté. Ce n'est pas le cas ici : Léa décrit aussi des symptômes évocateurs d'un syndrome des jambes sans repos, souvent associé à des mouvements périodiques des jambes.
ATTENTION : dans ce cas, comme en cas de prise d'hypnotiques, c'est la polysomnographie qui est indiquée : elle ajoute l'EEG et l'EMG des jambes. De plus en plus de centres la réalisent en ambulatoire.
D : Le premier examen biologique devant un syndrome des jambes sans repos est la ferritinémie, idéalement associée au coefficient de saturation de la transferrine. Une carence martiale, même sans anémie, aggrave les symptômes.
👉 Supplémentation en fer si la ferritine est inférieure ou égale à 75 µg/L ou si le coefficient de saturation est inférieur à 20 % : la cible est plus haute que pour une simple anémie. Le diagnostic est clinique (5 critères de l'IRLSSG). Si les symptômes persistent après correction du fer, adresser à un spécialiste du sommeil.

Le filet de sécurité en trois questions :
Avant que la patiente parte, posez-vous trois questions. Si le plan fonctionne, que va-t-il se passer ? Comment saura-t-on que ce n'est pas le cas ? Que fera-t-on alors ? Avec Léa et Julien : « On fait la ferritine et l'enregistrement du sommeil. Si la fatigue ne s'améliore pas après correction du fer et traitement d'éventuelles apnées, ou si Léa s'endort au volant, vous me rappelez sans attendre. » Julien, témoin des pauses, est un allié : impliquez-le.
Et voilà, c'est la fin de ce cas clinique ! Félicitations :

Fiche de synthèse :


Les 10 points clefs :
1) Pour diagnostiquer le SOPK, les patientes doivent présenter deux des trois éléments suivants : troubles du cycle (cycles > 35 jours ou aménorrhée), hyperandrogénie clinique ou biologique, et/ou ovaires polykystiques à l'imagerie. Ce diagnostic ne se pose qu'après avoir éliminé les autres causes : grossesse, dysthyroïdie, hyperprolactinémie, bloc en 21-hydroxylase et tumeur.
2) Le SOPK peut se manifester par de nombreuses affections dermatologiques liées à l'hyperandrogénie : retenez « HAS » pour Hirsutisme, Alopécie et acné Sévère. Une installation rapide ou des signes de virilisation (voix grave, clitoromégalie) doivent faire rechercher une tumeur !
3) La clef du diagnostic est la testostéronémie totale, qui reflète l'hyperandrogénie : < 1 ng/mL = cause non tumorale, > 1,5-2 ng/mL = avis spécialisé. Toujours βHCG d'abord ! En cas d'aménorrhée, elle peut être dosée à tout moment (le préciser sur l'ordonnance), avec TSH, prolactine et 17-OH-progestérone.
4) L'imagerie de référence est l'échographie par voie endovaginale : ≥ 20 follicules par ovaire ou volume ovarien ≥ 10 mL. On demandera une écho abdominale chez la patiente vierge. Elle n'est plus indispensable au diagnostic si l'hyperandrogénie et les troubles du cycle sont déjà présents.
5) L'ovaire polykystique échographique n'est pas synonyme de SOPK ! On le retrouve chez 25 % des femmes sans SOPK. Il faut d'autres signes pour affirmer le diagnostic : hyperandrogénie et/ou troubles du cycle.
6) Le traitement repose d'abord sur la perte de poids, par une alimentation adaptée et une activité physique d'au moins 150 minutes par semaine avec renforcement musculaire. Retenons qu'une perte de 5 à 10 % du poids en 6 mois améliore nettement les signes et peut restaurer des cycles ovulatoires. Pas de régime draconien : effet yo-yo garanti !
7) Sans projet de grossesse, une contraception œstro-progestative est le traitement de 1re intention, sans attendre la perte de poids : elle met l'ovaire au repos et lutte contre l'hyperandrogénie. Les pilules à la drospirénone (type Jasmine®, Jasminelle®) sont intéressantes. Si l'éthinylestradiol est contre-indiqué : drospirénone seule (Slinda®), prescriptible en MG. En cas d'échec à 6 mois : spironolactone (hors AMM), toujours sous contraception. L'Androcur® reste un dernier recours, sur avis spécialisé, en raison du risque de méningiome. Évitez le désogestrel et l'implant !
8) Si la patiente souhaite un enfant : acide folique, HGPO et perte de poids, puis adresser au gynécologue ou au centre d'assistance médicale à la procréation, sans attendre 12 mois d'essais. Aucun anti-androgène en cas de projet de grossesse !
9) SOPK = partie visible de la maladie (hirsutisme, acné, alopécie) ET partie invisible : risque cardiovasculaire par insulinorésistance. Il faut donc toujours faire un bilan glycémique (HGPO 75 g, à défaut glycémie à jeun ou HbA1c) et une exploration des anomalies lipidiques, à répéter tous les 1 à 3 ans. Pensons au diabète de type 2, à l'HTA, aux dyslipidémies… et au SAOS devant une fatigue ou des ronflements !
10) Le SOPK touche environ 10 % des femmes et c'est la 1re cause d'infertilité par anovulation !