Démarche diagnostique devant une hypergammaglobulinémie (une heure)

Pour accéder au contenu, inscrivez-vous, c'est gratuit !

Si vous êtes déjà inscrit, tapez juste votre adresse email puis votre mot de passe

En vous inscrivant, vous acceptez nos conditions d'utilisation.

Épisode 1 : L’électrophorèse des protéines sériques (EPS)



La phrase du jour :

 

« L'électrophorèse des protéines sériques est un examen très utile s'il est corrélé à la clinique  »

 

L'électrophorèse des protéines est une technique de laboratoire qui permet de séparer des protéines dans un champ électrique.

Ces protéines sont séparées selon leur charge électrique.

Rappelons-nous de nos cours de collège sur l'électricité ... 😉 👉🏻Les anions chargés négativement vont vers l'anode chargée + et les cations chargés positivement vont vers la cathode chargée négativement.

Système d'électrophorèse


Cette technique peut être réalisée sur :

  • les protéines sanguines 👉🏻 Electrophorèse des protéines sériques 
  • les protéines urinaires 👉🏻 Electrophorèse des protéines urinaires

Nous n'aborderons ici que l'électrophorèse des protéines sériques (EPS).

Le coût d'une EPS est d'environ 15 euros soit 4 fois une NFS par exemple.

L'électrophorèse des protéines du sang (EPS) est un examen courant et de réalisation rapide. Sa prescription et son interprétation, sous-tendues par le tableau clinique, reviennent souvent au médecin généraliste.

Son indication la plus courante est l'exploration d'une élévation de la vitesse de sédimentation. Elle permet de confirmer l'état inflammatoire ou infectieux, et oriente les investigations. 

L'albumine, alpha1, alpha2 et β sont synthétisées par le foie.

Les γ-globulines ou immunoglobulines (Ig) sont synthétisées par les lymphocytes B activés.

Elle est indispensable au suivi des gammapathies monoclonales.

Le principe de l’EPS repose sur la séparation de chaque protéine sérique selon sa charge électrique. 

L’automatisation et la standardisation de l’électrophorèse rend cet examen rapide et précis.

On obtient un profil des protéines sériques représentées par des pics :  

Profil électrophorèse des protéines sériques

Ainsi, cinq fractions sont individualisées :

  • l'albumine, 
  • quatre groupes de globulines de migration α1, α2, β et γ

L’estimation quantitative de ces pics est exprimée en % et leur concentration respective, pour être connue, doit donc prendre en compte la protidémie totale raison pour laquelle, la protidémie est systématiquement mesurée avec l’EPS.

L’électrophorèse des protéines est réalisée à parti d’un prélèvement veineux réalisé a jeun (cf fiche guideline.care) et dépourvu d’hémolyse.

Avec l’ordonnance d’EPS, on doit toujours préciser : 

Le contexte clinique 

Les traitements en cours ou récents car certains sont sources d’interférence.

Les plus fréquents sont : les produits de contraste radiologiques, antibiotiques, soluté macro moléculaires et héparine.

Passons maintenant en revue les différents pics de l’EPS formant ce que l’on appelle le profil de l’EPS. 

Le 1er pic est celui de l’albumine. Pour info, c’est le seul pic constitué d’une seule protéine. 

L’EPS indique la fraction que représente l’albumine par rapport à la protidémie. Vous le savez maintenant, la protidémie est toujours associée à l’EPS. 


Donc avec une EPS on peut retrouver très précisément l’albuminémie.

L'hyperalbuminémie est sans signification pathologique, elle traduit une hémoconcentration.

Le 2ème pic : α1 est constitué essentiellement d’alpha1 antitrypsine et d'orosomucoïde.

Le 3ème pic : α2 est constitué essentiellement par l'α2 macroglobuline et d'haptoglobine. 

👉🏻Retenons pour le moment que le pic α2 est constitué de MACROPROTEINES, il s'agit des plus grosses protéines de l'organisme. 

                                                                  Pic α2 👇👇👇👇

                                                 pic alpha2 électrophorèse des protéines

                                                    Courbe grise = témoin;  courbe noire = pic en α2 et réduction des autre fractions.

Ainsi dans le syndrome néphrotique une augmentation en α2 et une diminution concomitante de l'albumine et des autres fractions est visualisée.

En effet, le syndrome néphrotique se caractérise par :

  1. Une diminution, par fuite glomérulaire, des fractions protéiques correspondant aux protéines de petites tailles
    -albumine
    -alpha globulines 
    -beta globulines et gamma globulines.
  2. Une augmentation de la fraction des alpha2-globulines par augmentation de la synthèse hépatique de l'alpha2 macroglobuline, haptoglobine et des LDL. En effet, l'augmentation de synthèse de ces macroprotéines permet de limiter la diminution de pression oncotique.

Le 4ème pic :  β est constitué par la transferrine et la CRP (marqueur de l'inflammation) constituant la sous fraction β1, le fibrinogène et le complément C3 constitiant quant à eu la sous fraction β2.

Le 5ème pic : γ (gamma) correspond aux Ig G, M, A, D, et E.

                                                         💎💎Gammaglobulines = Immunoglobulines = Anticorps 💎💎

Les principales pathologies découvertes par l’électrophorèse des protéines sériques.

Voilà on en a fini avec le principe de l'électrophorèse des protéines sériques. Mais dans quelle pathologie est-il utile de de demander cet examen ? 
On s'est "amusé" à faire un listing et vous verrez que c'est plutôt intéressant en médecine gé. de bien maîtriser l'EPS : 👇
  • Leucémie aigue
  • LLC
  • Lymphome
  • Myélome 
  • Syndrome néphrotique
  • Néphropathie glomérulaire 
  • Cirrhose
  • Inflammation
  • Fièvre prolongée
  • Pathologie auto-immunes, vascularites, lupus 
  • Déficits immunitaires ....

Allez c'est parti, faisons le tour des anomalies possibles : 

Anomalies de l'albumine : 

L'hyperalbuminémie est sans signification pathologique ; elle traduit une hémoconcentration.

L'analbuminémie est une affection congénitale exceptionnelle. Associée à une augmentation réactionnelle des quatre autres fractions globuliniques, elle est bien supportée cliniquement.

Anomalies des α1 globulines : 

Le déficit en α1 antitrypsine (α1 AT), protéase synthétisée par le foie, est une maladie génétique.

Lorsque l'électrophorèse des protéines du sang est évocatrice, il convient de mesurer la concentration sérique d'α1 AT par dosage immunochimique et de caractériser le phénotype. La forme hétérozygote s'accompagne d'un taux sérique d'α1 AT à 60 % de la normale, la forme homozygote d'un taux sérique à 10 % de la normale. Seuls les sujets homozygotes peuvent développer une symptomatologie. La manifestation la plus fréquente est un emphysème de l'adulte jeune. (Pneumothorax) 

Anomalies des α2 globulines : 

Nous avons déjà vu plus haut que le syndrome néphrotique est signé par une augmentation de cette fraction avec réduction des autres fractions de l'EPS concomitante.

L'inflammation aiguë entraîne une élévation de l'α2 et de l'α1 globulines isolée.

L'inflammation chronique entraîne une élévation de l'α2 et de l'α1 globulines associée à une baisse de l'albumine et des γ globulines.

Anomalies des β globulines : 

Le pic β peut être sub-divisé en 2 sous fractions : β1 et β2.

La fraction β1 contient la transferrine et donc toute modification de cette fraction fait suite à une pathologie martiale ou hépato-cellulaire.

La fraction β2 contient le complément et sa baisse peut être lié à un déficit ou une consommation du complément. Attention l'augmentation isolée de la fraction β2 peut être secondaire à une migration atypique d'une IgA dans le cadre d'une gammapathie monoclonale 🧨

La zone β augmentée dans son ensemble et associée à un bloc βγ est observée dans la cirrhose éthylique.

Anomalies des γ  globulines : 

La diminution de cette fraction peut être secondaire à un déficit immunitaire primitif ou secondaire (corticothérapie, immunosupresseurs, chimiothérapie ou HIV) ou d'un myélome à chaînes légères.

L'élévation des γ globulines reflète soit : 

  1. une hypergammaglobulinémie polyclonale (pic large) 
  2. une hypergammaglobulinémie monoclonale (pic étroit) 

Un pic large reflète une hypergammaglobulinémie polyclonale 👉🏻 Maladies inflammatoires chroniques (Lupus, Gougerot Sjögren)

Un pic étroit en gammaglobulines (plus rarement en β2 👆) correspond à une immunoglobuline monoclonale synthétisée en excès. 

Il est le reflet :

  • d'une gammapathie monoclonale de signification indéterminée (GMSI)
  • ou d'un syndrome lymphoprolifératif malin. 

Quelles sont les indications de l'électrophorèse des protéines sériques ?

Les indications de l'EPS sont définies par la HAS : 

  • Infections à répétition des voies aériennes supérieures et pulmonaires 
  • Douleurs osseuses non traumatiques sans anomalies à l’examen radiologique standard 
  • Polyarthrite inexpliquée
  • Adénopathies, splénomégalie
  • Neuropathie périphérique inexpliquée
  • Purpura vasculaire
  • Anomalies de l’hémogramme sans cause évidente (principalement anémie, lymphopénie isolée ou hyperlym-phocytose)
  • Vitesse de sédimentation élevée avec CRP normale (en dehors de la grossesse et en tenant compte de l’âge)
  • Hypercalcémie (corrigée en fonction de l’albuminémie/protidémie)
  • Insuffisance rénale récente (sans obstacle)
  • Protéinurie significative (˃ 0,5 g/L)
  • Certaines anomalies osseuses radiologiques : fracture vertébrale suspecte, fracture pathologique, géodes

 

Voilà la partie texte de cet épisode 1 est terminée.

Installez-vous confortablement ☕️ ☕️ ☕️  et visionnez la vidéo du Dr CLEMENT-FILLIATRE Lauriane, hématologue à Nancy, qui vous explique tout cela en détail.
Bonne projection 😉

Rendez-vous après la vidéo pour les QCM !

Pas le temps pour la vidéo ?

C’est pas grave, faites une pause, vous pourrez reprendre plus tard nous mesurons le temps de formation, chacun son rythme !