L’imagerie du genou : quel examen choisir face à une gonalgie non traumatique en MG - (3 heures)

Pour accéder au contenu, inscrivez-vous, c'est gratuit !

Si vous êtes déjà inscrit, tapez juste votre adresse email puis votre mot de passe

En vous inscrivant, vous acceptez nos conditions d'utilisation.

Épisode 1 : La radiographie du genou



La phrase du jour :

 

« La radiographie du genou est un examen à demander systématiquement et très complémentaire de l'échographie en 1ère intention » 

 

Introduction 

Les radiographies standards constituent la base de l'exploration radiologique du genou.

Ces examens sont simples, rapidement réalisés, de façon comparative et reproductible, en position debout, représentant ainsi le seul examen d'imagerie du genou en charge

Le scanner et l'IRM sont devenus beaucoup plus accessibles qu'il y a quelques années et sont à l'évidence plus performants pour analyser finement les détails. 

Le genou est une articulation portante ; complexe et mobile comprenant en fait deux articulations distinctes réunies dans une même enveloppe articulaire :

  • l'articulation fémoro-tibiale et
  • l'articulation fémoro-patellaire.

Chacune de ces deux articulations comprend deux compartiments :

  • l'un médial,
  • l'autre latéral 

Lors de nos demandes d'examens, pensons à préciser la localisation anatomique qui devra faire l'objet d'une analyse fine par le collègue radiologue. Ne pas se contenter par exemple de "Rx de genou pour bilan de gonalgie".... Dans ce type de demande, il manque le côté mais aussi la localisation précise de la douleur... Bien souvent les demandes d'examens sont trop succintes et rendent donc l'analyse du radiologue moins pertinente.

Dans une demande type de radiologie du genou doit donc figurer SYSTEMATIQUEMENT : 

  • Clichés F + P +/- face en schuss
  • Le côté 
  • Incidence femoro-patellaire oui/non 
  • Localisation de la douleur (même médiale ou latérale, antérieure ou postérieure est suffisant !) 
  • Le type de douleur : mécanique ou inflammatoire

Rx de face ou en schuss ?

Les zones d'arthrose fémorotibiale siègent plutôt en arrière, le pincement de l'interligne articulaire se voit mieux à 30̊ de flexion qu'en extension complète, c'est l'intérêt du cliché schuss (=30° de flexion)  qui sensibilise la détection d'un pincement de l'interligne articulaire dans le cadre d'un bilan d'arthrose fémoro-tibiale.

rx-face-genou

                   Rx face du genou (cliché en extension)

 

rx-schuss-genou

                    Rx en schuss (cliché à 30° de flexion) 

Rx-face-schuss-genou2

Rx de profil

On le répète, la radiographie standard de face et de profil a une spécificité unique comparativement au scanner et à l'irm : elle est réalisée en charge. 

Cette réalisation en charge confère un avantage important à la radiographie dans l'analyse du morphotype du genou lorsque l'on recherche une dysplasie. 
Dans cette optique, le cliché de profil est très important car il donne de précieuses informations sur la dysplasie de la trochlée fémorale.

Dans la dysplasie de trochlée, la classification en vigueur, est celle de Dejour : 

dysplasie-trochlee-dejour

 

 

classification-dejour-trochlée

Ce qui nous donne comme radiographie par exemple pour une dysplasie de type B et D 👇

dysplasie-trochleenne-ex

Sur une radiographie de profil, on mesurera aussi la hauteur rotulienne à la recherche d'une patella alta.

  1. Dysplasie trochléenne
  2. Patella alta

sont les 2 anomalies morphologiques (avec la TAGT= mesure distance tubérosité tibiale antérieure et gorge trochléenne) constituant un facteur de risque d'instabilité rotulienne. Pour en savoir plus sur les syndromes fémoro-patellaires, inscrivez-vous à notre formation sur l'examen clinique du genou en MG 👉🏻 https://www.guideline.care/formation/examen-du-genou-en-medecine-generale/

 

Une 4ème incidence utile : l'incidence fémoro-patellaire

En plus des clichés de face, face en schuss et profil étudiant l'articulation fémoro-tibiale, on peut demander une incidence fémoro-patellaire pour étudier ce 2ème compartiment du genou.

Cette incidence permet de voir 2 grandes pathologies : 

  • chez le sujet jeune : la dysplasie rotulienne 
  • chez le sujet âgé : l'arthrose fémoro-patellaire

 

incidence-femoro-patellaire

                Incidence fémoro-patellaire : clichés normaux

 

dysplasie-rotule

                Dysplasie de rotule

En plus de signes d'arthrose ou de dysplasie, on peut rechercher des calcifications méniscales ou capsulaires dans un contexte de pathologie rhumatismale type chondrocalcinose articulaire (CCA) par ex : 👇

chondrocalcinose-calcification-rx-genou

               Calcification méniscale chez une femme atteinte de CCA

Rx + échographie = le duo magique

La radiographie standard est donc un examen à demander systématiquement dans un bilan d'imagerie du genou.

Mais plus qu'un radiographie standard, ce qui est très interessant est de demander une échographie associée. Pourquoi ? 

C'est très simple, la radiographie verra la trame osseuse, l'échographie, elle, verra les tissus mous périphériques superficiels, ces 2 examens sont donc complémentaires !

Ces 2 examens sont rapides à obtenir et souvent sous estimés dans leur complémentarité. Bien souvent, devant un syndrome méniscal par exemple, une IRM est demandée d'emblée; alors oui l'IRM est parfaitement adaptée pour visualiser un ménisque mais il faut considérer cet examen en 2ème intention après le couple Rx-écho.

Voilà la partie texte de cet épisode 1 est terminée.
Installez-vous confortablement ☕️ ☕️ ☕️ et visionnez la vidéo du Dr Sophie Lecocq Teixeira, radiologue qui vous explique tout cela en détail.
Bonne projection 😉
Rendez-vous après la vidéo pour les QCM !
- Pas le temps pour la vidéo ?
- C’est pas grave, faites une pause, vous pourrez reprendre plus tard nous mesurons le temps de formation, chacun son rythme !